La fête de « Boujloud »
Chaque année, 7 jours après la fête du sacrifice, l’Aïd Al Adha, les régions du sud du Maroc célèbrent le Boujloud (l’homme qui porte la peau), appelé aussi Bou-l-Btayn ou Bilmawen en amazigh, Herrma ou Chouiekh (diminutif du Cheikh, le vieillard).
A l’origine, au lendemain du jour du
Sacrifice, un homme se couvrait de peaux fraîches de moutons ou de
chèvres munies de leurs sabots, se parait d’un collier de coquilles
d’escargots, le visage peint en noir couvert des cornes de l’animal, et
mettait en valeur ses attributs sexuels, notamment représentés par des
aubergines.
Les Boujloud mettaient en scène des
personnages tels que le vieillard, le cadi, l’âne, le voleur, l’officier
français … et parodiaient la justice, la politique ou la religion. Ces
réunions ont été interdites par les autorités coloniales, et remises en
cause après l’indépendance au nom de la morale.
Aujourd’hui, pendant les 3 jours de
fête, les hommes défilent dans les ruelles, recouverts de peaux de
moutons, de chèvres, de vaches, et maquillés de noir.
Le seul moyen d’échapper aux « coups »
de ces Boujloud, armés de pattes de mouton, est de leur donner de
l’argent, des œufs, du sucre, du blé ou de la viande … ou de s’enfuir en
courant …
L’apparition des Boujloud se fait dans un mélange de peur et de joie.
En fin de journée, hommes, femmes et
enfants accompagnent les Boujloud vers les places des villes et villages
où la fête se prolonge au rythme des tambours et des danses (un des
principaux accès des médinas de Fès et de Marrakech en ont gardé le nom, Bab-Boujloud).
C’est le soir du troisième jour que
l’argent récolté par les Boujloud sert à offrir à tous les habitants une
grande fête de clôture.
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